Evolution de lavifaune des Grangettes de 1998 à 2019, par Lionel Maumary

Mardi 14 janvier 2020
La création de trois nouveaux biotopes aux Saviez en 2007/08 (lagune, îlot et marais) forment un ensemble écologique fonctionnel qui a permis le retour de plusieurs espèces que lon ne voyait presque plus dans cette région des Grangettes comme la Bécassine des marais, le Butor étoilé ou le Blongios nain. Le Grèbe à cou noir sy reproduit réguliè-rement depuis 2013, cest une nouvelle acquisition pour lavifaune nicheuse lémanique. La tour dobservation a quant à elle également contribué dès 2011 à une nouvelle dynamique positive pour limage des Grangettes auprès du public, les promeneurs y faisant souvent un crochet. Ils sont souvent sensibilisés par la vue ou récompensés par lobservation du Martin-pêcheur notamment.
Le succès de ces réalisations démontrent que la présence deau est bien le facteur limi-tant pour lavifaune aux Grangettes, comme aux Saviez. Le Gros Brasset présente un important potentiel pour ces oiseaux, mais il nest pas assez inondé la plupart du temps. En 2001 par exemple, les précipitations importantes avaient provoqué linondation des marais qui avaient profité aux passereaux des marais, dont la Cisticole des joncs, qui y a niché cette année-là ainsi quen 2019.
Conséquence probable du manque deau, les débroussaillages ne semblent pas suffi-sants pour endiguer lérosion des effectifs nicheurs de ces oiseaux. Outre la lutte contre lenvahissement des ligneux et la fermeture du milieu, le décapage, le creusage de nouvelles mares et étangs permettrait daugmenter la diversité et les effectifs doiseaux dans les marais.
Le cantonnement de deux Râles des genêts aux Grangettes en 2014 montre que les oiseaux sont capables de réinvestir les sites abandonnés depuis longtemps mais rede-venus favorables grâce à une gestion adéquate. Le retour de cette espèce aux Gran-gettes, qui paraissait presque utopique tant lespèce est devenue rare en Suisse, était lun des objectifs prioritaires du plan de gestion.