La Roumanie, larche de Noé de lavifaune européenne par Lionel Maumary

Mardi 9 avril 2019
Un voyage en Roumanie est en quelque sorte un voyage dans le temps, les densités pléthoriques de certaines espèces des campagnes rappelant la biodiversité perdue en Europe occidentale. Alors quen Suisse on lutte pour sauver nos dernières alouettes et les rares autres oiseaux rescapés des champs, ceux-ci foisonnent dans la campagne roumaine. Les premiers jours de ce voyage sont consacrés à lobservation de lOurs brun dans les Carpates. Cest au moment du réveil printanier que les ours sont les plus faciles à observer, dans les montagnes les plus sauvages dEurope qui hébergent également la mystérieuse Chouette de lOural et le Pic à dos blanc. La seconde partie du voyage aura pour cadre le fabuleux delta du Danube, la plus grande zone humide dEurope. Nous descendons le fleuve en « hôtel flottant » depuis Tulcea en suivant ses méandres jusquà la mer Noire. Cest là que nichent en grandes colonies le Cormoran pygmée, les Pélicans blanc et frisé, la Spatule blanche, lIbis falcinelle, et 8 espèces de hérons notamment. Certaines espèces franchement asiatiques, telles la Glaréole à ailes noires, le Traquet pie ou la Rousserolle isabelle, y atteignent la limite occidentale de leur aire de reproduction. Les grandes concentrations doiseaux deau attirent de nombreux rapaces, dont le Pygargue à queue blanche, lAigle criard et le Faucon sacre. En Dobroudja nichent lAigle pomarin, la Buse féroce et lEpervier à pies courts, et on y a découvert les premières nidifications européennes du Vanneau à queue blanche.